Bintou
Guinea
Bintou est rentré en Guinée en avril 2019, après un périple d’un an qui l’a conduit respectivement au Mali et au Maroc. Revenue dans sa communauté avec une grossesse contractée sur la route migratoire, elle exprime aujourd’hui son regret vis-à-vis de sa décision d’émigrer de façon irrégulière.
« Je suis née à Conakry en 1994. Je suis allé à l’école, mais j’ai arrêté mes étude au collège car malgré plusieurs tentatives, je n’ai pas pu obtenir le brevet. Je me suis alors tourner vers une connaissance qui m’a accueilli dans son salon de coiffure où j’ai travaillé un moment. Mais ne gagnant pas suffisamment d’argent et constatant que beaucoup de personnes de mon quartier réussissaient en Europe, j’ai décidé de partir. C’est ainsi que j’ai kité la Guinée le 5 mai 2018 », se souvient-elle.

La région de Gao au Nord du Mali a été la première étape de ce projet qui initialement devait conduire Bintou en Algérie, en Libye puis en Italie. Mais tout ne s’est pas passé comme elle l’imaginait. « Quand je suis arrivé à Gao, j’ai trouvé des passeurs qui m’on conduit dans une grande coure où j’ai rejoint un nombre important de candidats au départ. Mes guides m’ont demandé d’attendre là, le temps qu’ils règlent les dernier détails. Je pensais qu’il était question de quelques jours et je leur ai donné le prix du transport, soit toutes mes économies. Mais j’y suis resté plus de 4 mois, avec des passeurs qui me sommaient sans cesse de patienter ».

Cette invitation à la patience était en fait une stratégie visant à faire gagner du temps aux passeurs, le temps pour eux de trouver un acheteur intéressé par le profil de Bintou. Toutes les tentatives de la jeune fille de récupérer son argent se sont soldées par un échec et quelques fois par des menaces. « 2 jours avant notre départ pour l’Algérie qui devait avoir lieu en septembre 2018, j’ai surpris une conversation entre les organisateurs dans la quelle il était question de me vendre. Il semblaient avoir trouvé un client. J’ai alors pris peur et je me suis enfui et Dieu m’a aidé, je suis arrivé à Bamako la capitale ».
A Bamako, Bintou entend parler du Maroc comme pays de départ fiable et décide de s’y rendre. Alors qu’elle préparait ce nouveau voyage, elle rencontre un citoyen malien résident en Espagne qui promet de l’épouser et de financer son voyage. Elle revient donc en Guinée le temps d’obtenir un passeport et repart quelques jours plus tard à Bamako. Le 10 octobre 2018, Bintou arrive à Tanger (Maroc) accompagnée de son nouveau compagnon.

Le projet de voyage tombe à l’eau un mois plus tard, quand Bintou annonce à son conjoint qu’elle est enceinte. « Il m’a demandé d’avorter et quand j’ai dit non, il est parti en me laissant seule, sans ressources, sans nourriture et sans logement. Le propriétaire de notre appartement m’a mise dehors au mois de janvier, en plein hiver ».

Face à cette situation, Bintou se rend à Rabat, attirée par la forte communauté subsaharienne vivant dans la ville. Désireuse de rentrer, elle y rencontre une guinéenne sur le départ pour l’Europe qui l’aide à rencontrer des salariés de OIM Maroc qui l’accompagneront jusqu’à son retour en Guinée.

Aujourd’hui, Bintou est une jeune maman qui souhaite consacrer son temps libre à la lutte contre la migration irrégulière.

Returned migrants play a central role as Volunteers in the development, planning and implementation of the Migrants as Messengers campaign.

Through their stories, the learnings from their migratory experiences and their creativity, MaM Volunteers are the principal authors and actors of the campaign. From 2019-2022, a community of more than 300 volunteers across 7 countries will develop and grow. This community will also have access to diversified training and capacity-building opportunities and be invited to regular activities to support the development of an organic and sustainable community. Female engagement plays an important role within the MaM Volunteer community as they will take the lead in shaping women-to-women dialogue sessions and engaging female audiences more generally.

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